Catherine Crozon : la porcelaine comme un voyage intérieur

 
Déambuler parmi les œuvres, c’est déjà sans les toucher, expérimenter la douceur fragile de la porcelaine. C’est aussi la caresse sur l’œil des couleurs entraperçues à l’intérieur des pièces. La blancheur du dehors, la couleur du dedans. 
Et nous, à côté, avec cette sensation forte d’être dehors  avec le désir d’être dedans. Pour être protégé. Les yeux ne suffisent pas à explorer l’œuvre, encore faut-il la prendre en main, expérimenter sa légèreté qui touche à l’immatérialité. 
La main aide l’œil à explorer la vie intérieure de ce qui se donne à voir, de la part secrète qui se dérobe à notre regard. Nous sommes confrontés à la lumière elle-même, à la fois visible et invisible. 
Les formes évoquent des êtres vivants, des coraux, des végétaux, pouvant venir de très loin, à travers le temps, l’espace. Ou de très près, de notre corps même, d’organes sublimés au sens propre, passant de l’état solide à l’état gazeux de la porcelaine translucide. 
En fermant les yeux, on se prend à imaginer un voyage intérieur, en déambulant dans une de ces porcelaines, immense et chromatique, de pièce en pièce, de couleur en couleur, nos doigts d’enfant glissant sur les parois de cette matrice protectrice et fantastique.

Hugues Bourgeois


Vivre l'Art- Magazine, mai 2018
http://vivrelartmagazine.blogspot.com/2018/05/catherine-crozon-la-porcelaine-comme-un.html
 

Espace(s) Intérieur(s)

 

 
 
Les Affiches de Grenoble et du Dauphiné, 21 février 2014.
Exposition du 4 février au 1er mars 2014 à la galerie Place à l'Art à Voiron

 
Espace(s) Intérieur(s)

Une image floue, au commencement une impression, une sensation, une idée qui se rapproche, s’éloigne,
persiste, évolue puis s’ébauche dans la terre. Petite construction de terre qui reçoit les gravures, les
impressions, le polissage, les couleurs des argiles, les marques du feu, les aléas.
 
De petites maisons de terre.
 
En écho au ciel, des maisons qui contiennent le temps et ses histoires.
Des maisons-être qui murmurent l’intime et écoutent le silence.
Des maisons de strates tissées, de volumes imbriqués, jeux visuels du temps.
Les parois s’accordent.
Espace du dedans – espace du dehors.
Passage.
L’espace clos respire, capte les couleurs du paysage, la nuit, les nuages.
Le cosmos se déploie, le rêve se délie et trouve son havre, ose le voyage.
 
Catherine Crozon